Villa Arev, la céramique contemporaine et pop

« Arev » signifie « soleil » en arménien, et c’est sous le signe de cet astre joyeux que l’artisan conçoit et élabore ses pièces.

A Paris, Gabrielle Thomassian, artisan et créatrice de la marque Villa Arev met un coup de pied dans la céramique telle qu’on se l’imagine en lui insufflant jeunesse, joie et légèreté.

La céramique ce n’est pas qu’un bol en grès marron, même s’il peut être très joli : la céramique peut aussi être très jeune, très contemporaine et pop! ” nous glisse Gabrielle Thomassian, jeune céramiste parisienne. Sa marque Villa Arev naît il y a un peu plus d’un an. Avant cela, Gabrielle se forme à Central Saint Martins puis devient professeur à L’Atelier de Sèvres avant de se consacrer exclusivement à son label.

« Arev » signifie « soleil » en arménien, et c’est sous le signe de cet astre joyeux que l’artisan conçoit et élabore ses pièces : toute une farandole de symboles frais s’étalent sur ses pièces très travaillées. Cet effet vacances n’est pas anodin, même si « peut-être un peu inconscient » : Villa Arev, c’était le nom de la maison de ses grands-parents d’origine arménienne, dans le sud de la France… Nous l’avons rencontrée pour parler artisanat, influences esthétiques, mais surtout des possibilités de renouveau et de jeunesse de la céramique contemporaine.

©Villa Arev

Céramique et design

Formée à Central Saint Martins, à Londres, elle y acquiert une connaissance poussée du travail de la terre, et se spécialise en prototype et moulage, une technique rigoureuse, difficile mais qu’elle affectionne particulièrement pour confectionner ses pièces : « Ma passion, c’est de m’embêter pendant des semaines à trouver LE bon contre-angle pour mon moule. J’adore prendre le temps de faire des choses qui vont être parfaites et durer. »

Rigueur, patience – « et kiffe ! » – sont les clefs de cet artisanat de la terre pour la créatrice de Villa Arev. Parfois capricieux, souvent merveilleux, la porcelaine et la faïence sont affaire de minutie et de sérieux. Il faut plusieurs semaines pour élaborer un moule – qui sert de patron à la céramique en quelque sorte – dans lequel la terre est coulée. Du moule en plâtre sort la pièce encore crue : après un deuxième séchage, elle est cuite à plus de 1000°C, puis refroidie et émaillée avant d’être cuite une seconde fois.« Quand les pièces sortent du four à la deuxième cuisson, c’est un peu noël ! On a un regard immédiat sur l’objet fini, les vraies couleurs se sont révélées.C’est là que tu fais le tri entre les pièces qui sont belles et celles qui sont foutues. Je compte entre 10 et 15% de perte… qui peuvent augmenter avec la porcelaine par exemple. Mais trier n’est pas un crève-coeur, ça fait partie du job – et mes matériaux ne sont pas chimiques, les émaux n’ont pas de plomb et assez peu d’oxyde. Ma matière vient des sous-sols de la terre… L’impact écologique est faible. »

©Villa Arev

Villa Arev, la céramique joyeuse

Inspirée par sa culture en céramique, design et art, Gabrielle Thomassian cumule dans ses travaux toutes ce bagage pour en faire des créations au look contemporain, parfois étrange, souvent génial et pop. La dimension artistique de Villa Arev se nourrit des céramiques de Bernard Palissy (le plat homard est un hommage à ce céramiste du XVe siècle qui a été un révolutionnaire des techniques d’émaillage et de style), de l’excellence technique, si ce n’est esthétique selon Gabrielle, des créations japonaises et chinoises mais aussi du renouveau dans le design apporté par le groupe Memphis : « Etore Sottsass et Marco Zanini se sont éclatés avec le design, en opposition au Bauhaus. C’était la libération autant de la maison que des objets que tu mets dedans, c’était trouver des objets en accord avec l’architecture tout en ayant des couleurs complètement dingues et ça a sérieusement, je trouve, amélioré nos habitats – par exemple, une bibliothèque pas pratique du tout mais qui va te rendre heureux, et ça c’est génial. C’est important de faire des pièces qui rendre heureux. »

Au milieu de tous ses projets, influences, volonté, nous avons posé une dernière question à Gabrielle Thomassian : dis, tu nous résumes Villa Arev ? « Villa Arev, c’est avant tout une culture personnelle et familiale très joyeuse, voire folklorique. Ce sont des pièces uniques ou en série très limitée, qui vont plaire non pas par facilité mais parce qu’elles vont correspondre à une personne en particulier qui va y voir un clin d’oeil à son histoire… le nombre d’anciens fumeurs qui m’achètent des cendriers mégots ou qui offrent ça à un ami qui veut arrêter de fumer ! Les pièces Villa Arev vont correspondre à ce que tu es, à ton environnement et ce avec beaucoup de légèreté, beaucoup de joie. Et surtout, j’espère apporter un peu de… jeunesse à la céramique. Qu’on la voit pour ce qu’elle peut être : pop, joyeuse, colorée et contemporaine ! »

Pour plus d’informations sur le travail de Gabrielle Thomassian, voir son site internet ICI et son compte instagram ICI.

Propos recueillis par Maud Darbois

Comments

Be the first to comment on this article

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Go to TOP