MIELS Band, le rock à la vie à l’amour

Assoiffés de voyages, Paige et Jean-François se rencontrent dans le désert du Nevada et créent le groupe MIELS.

De leurs passions respectives naîtront une histoire d’amour endiablée aux accents de Bonnie and Clyde – les motos en plus, les braquages en moins – ainsi qu’un rock pur et décomplexé mêlant paroles et vrombissements de guitares aux influences américaines autant que québécoises. Le tout, chanté en français. Accrochez-vous, leur premier EP débarque en même temps que leur nouveau clip ce 23 août. 

Il y a deux hivers — et comme tout bon québécois qui se respecte —, Jean-François a fuit neige et verglas pour embrasser les courbes brûlantes de la Nouvelle-Orléans et de la Californie. Une guitare à la main comme souvent, il croise alors son alter-égo musical et sentimental. « C’était un coup de chance ! » , se souvient Paige, la rockeuse-amoureuse en question. Un coup de chance et un joli coup de foudre qui roule, dessinant les contours d’une histoire d’amour flamboyante qui se poursuivra par une installation rapide à Montréal. Naissent alors des premiers morceaux tirés des influences blues, country et rock de chacun d’entre eux. « Nous avons toujours aimé le blues et cela se sent peut-être, explique Jean-François. Pour Paige qui vient des marécages de la Géorgie, c’est souvent inspirant ! » Le blues, donc. Mais pas que. « Mes premières influences concernent les bands de rock qui tournent à Montréal dans les années 70 comme Pagliaro », raconte Jean-François. Du rock criant, brut, révolté. Durant le même temps, Paige se nourrit alors d’arts en tout genres – de musique bien sûr avec au programme blues et country mais aussi des univers comme celui de Nina Simone – ainsi que de la photo et le cinéma, à la recherche « de choses vraies, de choses qui comptent ». Au crépuscule de leurs influences, leur propre décor est planté et la route musicale peut enfin commencer.

 

 

Couple à la vie comme à la musique

Alors installée à Montréal, Paige apprend le français. Avec Jean-François, ils travaillent souvent dans les festivals de musique et s’occupent des artistes qui s’y produisent. Mais très vite, l’envie de créer leur propre univers s’impose à eux. Le duo s’apprivoise alors sans réelles difficultés : « On écrit toujours nos paroles ensembles même si j’ai parfois besoin d’un petit peu d’air », raconte Paige, non sans quelques éclats de rires. Jean-François : « on fonctionne de toute façon toujours en duo. Ensuite Paige est au chant et moi à la guitare. Nous avons également un batteur pour les plus grands shows. » Des shows endiablés dans lesquels le couple à la vie comme à la musique se sent libre de pousser le rock à son paroxysme, sans la contrainte du studio, où il faut peut-être se tempérer un peu plus. Des shows, surtout, chantés en français. Par choix, raconte Paige : « Quand je suis arrivé au Québec j’ai été assez surprise d’entendre que si le folk est plutôt en langue française, le rock se chante souvent en anglais. J’ai trouvé ça bizarre et nous qui tenons à la culture d’un pays, nous avons voulu chanter en français. » Au risque, parfois, de se compliquer la tâche : « en tenant compte de l’accent et des manières de dire qui sont parfois différentes, c’est parfois plus difficile, mais je trouve que ce mélange amène aussi quelque chose de nouveau », explique le québécois. Un rock aux accents américains, québécois et français donc qui innove et surprend parfois. Dans le bon sens. Même au fin fond de l’Amérique : « Lors de shows que nous faisons dans des bars au milieu de nulle part, la réaction des gens est parfois étrange au premier abord, raconte le band. Ils nous demandent souvent en quelle langue nous chantons mais, la musique étant plutôt américaine, ils accrochent et en redemandent ! » Des shows dans des bars ou sur des scènes, des clips, des studios … Et surtout des voyages, leur source d’inspiration.

 

 

Corps, âmes et musiques itinérantes

Parce qu’ils se sont toujours nourris de leurs voyages, nos rockeurs  en mouvement n’imaginent pas leur musique s’accomplir autrement. « On s’inspire de nos voyages, comme celui de l’an dernier dans l’Etat du Mississippi, dans les champs de coton. Il y avait beaucoup de maisons en bois pour les anciens travailleurs; tout cela a été transformé en maisons de la création. On peut se louer un petit endroit et composer, créer. Cela a été un bon moment. » Coupé en deux par une ligne de chemin de fer, l’endroit en question (Clarksdale) reste un bastion du blues et des artistes musicaux en général. De quoi donner l’envie aux MIELS de fignoler les grandes lignes de leur premier EP en même temps que quelques clips pour se lancer sur les ondes. Des ondes… wifi du moins, le rock s’écoutant beaucoup au Québec mais se vendant finalement assez peu. Jean-François : « les albums sont le fun au point de vue création mais cela ne se fait plus beaucoup au Quebec. Il y a des vinyles et sinon, c’est Spotify et des EP. Nous sommes moins de population ici donc le marché est plus restreint. C’est peut-être pour ça qu’on trouve beaucoup de rock et moins de sous-genres qu’en France. »

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Paige et Jean-François envisagent d’ailleurs de se rendre prochainement en France à la recherche de scènes puis de labels pour partager leur musique et toucher toujours plus de fans. « Nous voulons être sur les routes encore longtemps, c’est pour nous la meilleure façon de faire. Alors nous réfléchissons à la Belgique ou à la France. Nous sommes allés à Paris durant un mois de janvier où nous avons tenu à nous rendre devant la maison de Serge Gainsbourg, un artiste que nous avons beaucoup écouté tous les deux », expliquent-ils. Traverser l’Atlantique avec leur amour et leurs guitares, soit un plan idéal pour cultiver l’intrigue qu’a toujours eu Paige pour Jane Birkin ou Brigitte Bardot. Des voix et légendes féminines françaises qui continuent de nourrir le savoureux et furieux mélange d’influences des MIELS, groupe doux-explosif à suivre à la trace. Dans tous leurs futurs voyages.

 

Propos recueillis par Jérémy Attali 

Le Bandcamp des MIELS 

 

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